EAU ROUGE
L’eau rouge « sort parfaitement limpide d’une petite grotte creusée dans une masse de tuf ferrugineux et s’écoule et s’écoule dans le lit de la Tine, en laissant sur ses galets une longe trace rougeâtre due à l’oxyde de fer qu’elle dépose. […] L’eau s’écoule, glacée et toujours limpide comme du cristal, de la grotte en miniature dont elle couvre les parois de stalactites d’ocre rouge » (Revue Suisse 1958). Compléments D’où vient le fer ? En amont de la source de l’Eau Rouge, l’eau traverse notamment des flyschs. Ces derniers peuvent contenir des poches de grès ferrugineux provenant de paléosols fossiles, parfois nommé sidérolitique. L’eau souterraine traverse également des roches du Trias, comme les conieules, qui contiennent aussi des oxydes de fer. On retrouve du fer, en plus petite proportion, dans d’autres roches du versant, comme les grès ou les schistes. Les bienfaits de l’Eau Rouge (suite) La liste des troubles pour lesquels cette eau était conseillée est longue : névralgie faciale, céphalées chroniques, vertiges, palpitations, leucorrhée, aménorrhée, dyspepsie, anorexie, gastralgie, organes digestifs paresseux, hémorroïdes, diarrhées, constipations, flatuosités, engorgements du foie, du système utérin ou encore du système glandulaire. Le Dr Beck explique : «Les chlorures […], les sulfates de magnésie, les sels calcaires et le fer représentent quatre familles thérapeutiques, qui sont conservées [dans l’eau de Morgins] avec leur dynamisme primitif et leur mélange opéré par la main puissante de la nature, permet de faire converger les effets divers, mais non opposés pour emplir de nombreuses indications curatives. Les eaux ferrugineuses relèvent les forces, rendent le sang plus roche et plus vermeil, elles excitent dans l’économie une activité moléculaire qui rajeunit nos organes et impriment à l’ensemble de nos fonctions une nouvelle et féconde activité ; l’énervation elle-même se modifie et sous l’influence d’un sang généreux, disparaissent les troubles nerveux qui accompagnèrent si souvent les vices de l’hématose ». L’attrait touristique (suite) En 1900, il n’y avait que 400 habitants l’été à Morgins, pour seulement une dizaine l’hiver (gendarmes, douaniers, gardiens d’hôtel). A cette époque, l’accès à Morgins était plus difficile. Il fallait compter environ 7 heures depuis Genève. « Le chemin qui s’enfonce dans le Val d’Illiez n’est malheureusement pas encore praticable aux voitures, et de plus il est si raboteux, si primitif, si escarpé en certains endroits, qu’il ne peut être question pour une dame de monter à Morgins autrement qu’à cheval ou à mulet » (Dr Vouga, revue Suisse, Tome XXI, Neuchâtel, 1858). Summary Underground water dissolves rocks and brings out minerals and their chemical elements, like iron. When the water reaches the surface, for example by a spring, the iron combines with the atmosphere's oxygen to form iron oxides and hydroxides. These types of minerals give a red colour to the water. The first "tourists", attracted by the benefits of red water, arrived in the 1820s and were accommodated in private homes. At that time, spas became fashionable and the first "hotel" was built in 1845 (picture 1). In 1856, Doctor Alfonse Beck gave advice about the benefits of Morgins' ferruginous waters. The doctor said that this water was able to treat anaemia or chlorosis, two diseases due to there being a lack of iron in the body. The publication of this advice added to the reputation of spas in Morgins, and every summer, hundreds of patients came here for treatment.